Les dispositifs pour les entreprises en difficulté
Il existe 4 points critiques pour caractériser le degré de gravité des difficultés financières des entreprises et les dispositifs qui s'appliquent.
1) Le premier ou point d'alerte quand la croissance et : ou la rentabilité de l'entreprise diminuent, la trésorerie constituant la résultante de la situation de l'entreprise, c'est à ce niveau que vont apparaître les difficultés si des mesures d'amélioration des résultats ne sont pas mises en oeuvre (voir : La croissance et la rentabilité).
2) A défaut de mesures
salutaires, soit l'entreprise stagne (voir : Les
différents niveau de développement des entreprises),
soit la situation continue à se dégrader. C'est ainsi qu'est
atteint le point de crise avec les
premières difficultés passagères. A cette étape, l'entreprise, si elle rétablit
sa rentabilité, peut éviter le "dépôt de bilan" (déclaration de
cessation des paiements).
Le moyen juridique classique est de demander au juge un délai jusqu'à 2 ans au titre de l'article 1244 du code civil, mais il faut le faire créancier par créancier. Cela fait cesser les poursuites ou condamnations à venir.
Outre la recherche, souvent
vaine à cette étape, de refinancement bancaire (voir : Usages
et critères bancaires pour limiter le montant des sommes prêtées), il existe des dispositifs
publics d'aides aux entreprises qui se restructurent ::
- au niveau national le CIRI
(comité interministériel de restructuration industrielle),
- au niveau régional le CORRI
(comité régional de restructuration industrielle),
- au niveau départemental le
CODEFI (comité départemental d’examen des problèmes de financement des
entreprises) qui peut accorder des prêts FDES (Fonds de développement économique
et social).
Pour les entreprises plus petites, la CDCSF (commission départementale des
chefs de services financiers et des organismes de sécurité sociale) pour
accorder le rééchelonnement des
dettes fiscales et sociales.
Voir : Les
dispositifs d'aides publics
Il existe également dispositif confidentiel de règlement amiable instauré en vue d'améliorer la sauvegarde des entreprises. Sur demande du dirigeant, le président du tribunal peut nommer un conciliateur dont la mission consiste à rechercher un accord avec les créanciers
voir : Le règlement amiable
3) Si les mesures de
redressement tardent ou sont sans effets suffisants, l'entreprise atteint le
point de cessation des
paiements (point de chute) … La loi sur les difficultés des entreprises de
1985 et sa réforme de 1994 instituent une procédure de redressement judiciaire
destinée à permettre :
- la sauvegarde de l’entreprise
- le maintien de l’activité et de l’emploi
- l’apurement du passif.
La
loi prévoit une procédure en 2 étapes :
Une période d’observation d’une courte durée (quelques mois) pour établir,
après enquête, un bilan économique et social (diagnostic) et élaborer une
solution pour l'avenir (perspectives).
Pendant
cette phase, l’entreprise continue à utiliser tous ses actifs et ses moyens
de production pour exercer son activité et surtout continue à encaisser
normalement alors que toutes ses dettes échues(dettes (sommes dues) sont gelées.
Quand l’entreprise n’a pas trop retardé son redressement judiciaire, la trésorerie
redevient bonne. Hélas, trop d'entreprises se présentent au tribunal,
exsangues ou à peu près, privées du potentiel de trésorerie qu’elles
auraient dû conserver.
Ainsi,
un projet de plan de redressement peut être établi et soumis au
tribunal, prévoyant :
- soit la continuation de tout
ou partie de l’entreprise avec étalement du remboursement du passif (dettes)
en cas de chances sérieuses de redressement et de règlement du passif,
- soit une cession à un tiers,
A
défaut d'acceptation d'un plan, le tribunal prononce la liquidation judiciaire.
4) Quand le déclenchement d'un redressement judiciaire a été trop retardé ainsi que les mesures économiques de redressement, on aboutit au point de la situation irrémédiablement compromise (point d'échec) et il n'y a d'autre issue que la liquidation judiciaire et la cession des actifs.
- le refus de la réalité occultant les causes internes,
- l'utopie de la procédure judiciaire miraculeuse qui gelant les dettes
permettra un redressement en continuant la même politique,
- l'électrochoc social qui voudrait que tout ira mieux maintenant que tout le
monde se mobilisera dans le bons sens,
- l'arrêt providentiel des poursuites qui résoudrait tous les problèmes.
Il y a deux façons d'aborder les difficultés financières pour un dirigeant :
- seul et sans préparation face à une machine judiciaire bien rodée (243 articles de la loi et plus de 350 articles des décrets d'application) dont le dirigeant connaît mal les règles et les usages qu’en font les mandataire de justice. Surtout, la tâche de redressement économique nécessite une compétence particulière, un éclairage extérieur et annoncer de mauvaise nouvelles (licenciements, ...).
- avec 95 % de liquidation, manifestement c'est pas l'assistance qu'apportent les conseils habituels, expert-comptable et / ou l'avocat, qui aide au redressement.
-
assisté
d'un spécialiste expérimenté du retournement économique des entreprises en
difficulté, connaissant bien les leviers de redressement. Car c'est d'abord sur
le plan du résultat économique que l'entreprise sortira des difficultés. La
procédure de redressement judiciaire ne constitue qu'un cadre légal dont il
faut tirer les avantages et écarter les pièges.
L’objectif de ce site est de mettre à disposition des chefs d’entreprise un savoir faire du retournement économique des entreprises en difficulté afin d'éviter une aggravation de la situation financière, tirer le meilleur profit des dispositifs amiables et des aides de l'État afin d'éviter une procédure judiciaire. Pour les entreprises qui ont trop tardés, nous détaillons les dispositifs du redressement afin de maximiser les chances de succès et éviter les pièges. Mais également en cas de liquidation, nous détaillons les moyens de se protéger, les voies de recours et les réparations financières auxquelles peut prétendre un dirigeant en cas de comportement fautifs de certains intervenants.
voir également :
Le jeu à somme négative des liquidations trop hâtives
Les
défaillances d'entreprises
Vous, je ne vous conseille pas le travail mais
la lutte.
Vous je ne vous conseille pas la paix mais la victoire.
Que votre travail soit un combat.
Que votre paix soit une victoire.
Nietzsche "Ainsi parlait
Zarathoustra"
L’enjeu,
pour le dirigeant, est trop grave pour son patrimoine et ses revenus, pour
qu’il fasse une confiance absolue à des mandataires de justice vu les moyens
de leurs cabinets et leur mode de rémunération …plus favorable pour eux avec
la cession, puis la liquidation que le continuation !
Des
choix importants se posent au chef d'entreprise. Ils dépendront non seulement
des enjeux, mais également des délais avant la prise de mesures économiques
permettant de rétablir la rentabilité et le déclenchement du redressement
judiciaire.
Dans
la pratique cet aspect patrimonial devrait être vu, bien avant, indépendamment
des difficultés de l’entreprise.