L'évaluation du chiffre d'affaires perdu
Le chiffre d'affaires d'une entreprise s'appréhende selon le plan comptable général
Pour comparer le chiffre d'affaires d'une année aux précédentes,
Pour comparer les chiffres d'affaires sur des périodes plus courte
Le chiffre d'affaires d'une entreprise s'appréhende selon le plan comptable général qui normalise les informations financières en différentes rubriques. Les produits sont dans la classe 7 dont les ventes en 70 recouvre une certaine diversité
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701 |
Ventes de produits finis |
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702 |
Ventes de produits intermédiaires |
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703 |
Ventes de produits résiduels |
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704 |
Travaux |
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705 |
Etudes |
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706 |
Prestations de services |
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707 |
Ventes de marchandises |
Les autres produits de la
classe 7 ne sont généralement pas affectés par l'effet du sinistre.
Les ventes doivent être corrigées des productions éventuellement stockées et/ou
immobilisées.
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70 |
ventes |
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71 |
production stockée |
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72 |
production immobilisée |
Pour comparer le chiffre d'affaires d'une année aux précédentes, les comptes de résultats nous apportent les chiffres d'affaires à partir des comptes de produits de la classe 7.
Si les ventes des années passées sont établies avec toute la précision qu'apport la comptabilité, il ne reste que le prévisionnel pour appréhender le chiffre d'affaires à venir.
Ceci conduit généralement à intégrer un coefficient
de tendance d'augmentation du CA.
Pour la comparaison des chiffres d'affaires des 2 ou 3 années
antérieures, des fonctions mathématiques facilement accessibles manuellement
(moyennes mobiles) ou sur micro (fonctions dans Excel : droite
de régression, tendance prévisionnelle, ajustement exponentiel, courbe des
moindres carrés, …) permettent différentes simulations et conduisent à dégager
la tendance de croissance du chiffre d'affaires historique.
Ce coefficient de tendance, appliqué au dernier chiffre d'affaires, conduit à extrapoler le chiffre d'affaires prévisible pour la période du sinistre et qui servira pour une reconstitution annuelle, dont découle l'estimation du CA perdu par différence entre le chiffre d’affaires qui aurait été réalisé en l’absence de sinistre, et le chiffre d’affaires effectivement réalisé pendant cette même période.
On peut également aller
au-delà de la reconduite de cette tendance historique (parfois injustifiée pour
les entreprise à projet ambitieux mais … favorable en cas de récession comme
lors des débuts de crises économique 1990-1992 et 2002-2003) …
Mais comme le précise une publication de l'APSAD (Assemblée permanente des
sociétés d"'assurances dommages dans "notions juridiques utiles à
l'expertise des sinistres responsabilité civile") "... la preuve s'apporte par un jeu dynamique d'arguments et de
contre arguments techniques et que le débat sera en définitive gagné par celui
qui aura apporté au moment opportun l'argument le plus pertinent".
Voir : Exemple de justification de CA perdu ,
Ainsi, une tendance à l'augmentation du CA, pour être admise et convaincre l'expert d'assurance ou l'expert-judiciaire, ne peut seulement être de circonstance, il vaut mieux la prouver par la date certaine antérieure au sinistre par exemple la remise d'un prévisionnel à un banquier ou aux pouvoirs publics (demande d'aide ou subvention) … et justifier du respect des prévisionnels antérieurs (comptabilité analytique, contrôle de gestion, …).
D'autres arguments sont également recevables puisque le développement des ventes
est également fonctions de paramètres :
- internes à l'entreprise : programme d'investissement de
capacité, mise au point de nouveaux procédés de fabrication, modification de
l'organisation l'entreprise, nouveau client à fort potentiel, ...
- externes
: conjoncture de la demande, évolution de la concurrence, … si cela permet
d'accroître la base réclamation.
Autant de points que nous visons à maximiser tout en restant réaliste (plus
exactement en justifiant de la façon la plus probante) lors de nos
participations aux opérations d'expertise.
Mais dans les contrats d'assurance perte d'exploitation, une clause d'ajustabilité (généralement de 20%).
Parfois, l'outrecuidance des experts-d'assurances est telle que la victime doit justifier qu'elle à tout mis en oeuvre pour limiter l'effet du sinistre. voir : Exemple de justification de diligences
Très
souvent, lors des expertises
d'assurance, il y a d'âpres discussions sur le coefficient de tendance
d'autant que pour
des sinistres relativement long il y a un effet de levier important par le jeu
cumulatif des coefficients de tendance:
ex : 5% sur 2 ans donne +10,5% mais 15% sur 2 ans donne +32,5% et 25% sur 2 ans
donne + 56,5% …
En judiciaire, l'expert dévoile rarement sa position définitive avant de rendre son rapport, raison pour laquelle un dire sérieusement argumenté doit lui être adressé pour qu'il y réponde s'il n'est pas d'accord avec notre réclamation.
Pour
comparer les chiffres d'affaires sur des périodes plus courte
ou pour la durée limitée des contrats d'assurances perte
d'exploitation,
une simple règle de trois est rarement satisfaisante (saisonnalité des
ventes, période congés payés, ponts, …). Si la tendance peut être établie comme ci-dessus, le
chiffre d'affaire doit
être établi mois par mois et reconstitué à partir du Grand Livre des ventes.
Nous rencontrons même des sinistres inférieurs à un mois (par exemple : un
autocariste dont le moteur a dû être changé en haute saison, ...).
Enfin,
lors des expertises d'assurance et judiciaire, les opérations vont se conclurent
parfois avant que le site sinistré soit remis en état. L'expert va ainsi retenir
une date probable de fin des travaux et/ou mise en marche des nouveaux
équipements. Cette période est extrapolée pour chiffrer le chiffre d'affaires
qui continuera à être perdu jusqu'au redémarrage.
Surtout, il ne faut pas oublier que ce n'est pas le CA qui sera indemnisé (Voir : Le principe indemnitaire des pertes d'exploitation). L'indemnisation liée au CA perdu portera sur la perte de marge après déduction des charges variables (proportionnelles au volume et non engagées par l'entreprise)
Suite voir : L'évaluation de la marge sur coûts variables
Dernière mise à jour : 10 February 2004