Les différents types de dommages immatériels et leur indemnisation par les assurances
Comme pratiquement toutes les professions oligopolistiques (monopole partagé entre un nombre limité), une terminologie "intellecto-inconpréhensible" pour le profane s'est développé dans l'univers des assureurs (et des juristes) et dans le plus grand irrespect des utilisateurs-assurés (monopole ou oligopole sont à l'antithèse de la notion de marketing orienté vers la satisfaction des clients pour les fidéliser ou les conquérir) que nous déplorons ...
Le dommage immatériel concerne tout préjudice pécuniaire résultant de la perte de jouissance d'un droit, de l'interruption d'un service rendu par une personne ou par un bien meuble (déplaçable) ou immeuble (bâtiment) ou de la perte d'un bénéfice attendu ou espéré.
Au regard
de la diversité des incidents et accidents pouvant entraîner un préjudice
financier, les assureurs ont développé des garanties spécifiques qui prennent en
charge les conséquences purement financières (précisément appelés dommages
immatériels par les assureurs … ). Ainsi, il s'agit d'un préjudice autre que
matériel et/ou corporel :
- résultant (ou suite à ...), les assureurs disent "consécutifs" à des
sinistres matériels ou corporels garantis.
- non-consécutifs à un dommage garanti (mais consécutifs à un dommage non
garanti).
- et des dommages immatériels purs.
Les
définitions des dommages immatériels sont contenues dans les contrats
d'assurances qui couvrent ces préjudices et plus particulièrement :
- les assurances de dommages matériels (incendie, bris de machine, ...) pour les
extensions contractuelles aux immatériels consécutifs,
- les assurances responsabilité civiles des entreprises (produits livrés, ...)
pour les extensions contractuelles aux immatériels non consécutifs et, qui se
produisent en l'absence de tout dommage corporel ou matériel). Pour ces 2
dernières extensions le risque financier peut être très lourd aussi les
assureurs sont très sélectifs moyennant une forte majoration de prime assortie
d'une franchise substantielle.
Exemples :
- suite à un incendie involontaire sans responsabilité d'un tiers, l'extension perte d'exploitation du contrat incendie permet d'indemniser le perte d'activité consécutive au dommage incendie
- un véhicule ayant détruit partiellement la devanture d'un commerçant, ceci entraîne l'arrêt de la vente pendant la durée des travaux de réparation. Pour l'assureur du véhicule, le dommage matériel est garanti et l'extension responsabilité civile intervient pour le préjudice immatériel qu'est la perte d'exploitation qui en découle. La perte d'exploitation est bien consécutive à un dommage matériel garanti
Les immatériels non
consécutifs
Un dommage
immatériel doit être la conséquence d'un dommage corporel ou matériel non
garanti engageant la responsabilité d'un tiers assuré pour qu'une perte
d'exploitation soit mis à la charge de l'assureur du tiers ayant contracté cette
garantie. Il s'agit essentiellement de la garantie responsabilité civile
Exemple :
Un matériel livré présente un défaut (vice interne caché) et il est ainsi inutilisable pendant un certain temps. Pour son utilisateur il en résulte un manque à gagner. Bien qu'il n'ait pas endommagé d'autres biens, l'assurance étendue aux immatériels non consécutifs couvre l'indemnisation du manque à gagner
Le dommage immatériel pur apparaît à l'occasion des
conséquences désastreuses du seul défaut ou de la seule insuffisance de
performance du produit livré. La fourniture de l'assuré n'a pas causé de
dommages et n'a elle-même subi aucun dommage matériel. Le produit ou la machine
n'a pas fourni le rendement prévu, provoquant de ce fait des baisses de
production chez le client. Les conséquences pécuniaires sont couvertes par le
contrat qui contient une telle garantie des immatériels purs.
Exemple :
Une entreprise installe une grue dont le montage ne reçoit pas l'approbation de l'organisme de vérification. Pour la mettre en service, il est nécessaire de procéder à son démontage et remontage. Le chantier ne peut démarrer. Au minimum (selon la réclamation), les frais financiers générés par l'arrêt de chantier constituent des dommages immatériels non consécutifs.
Dernière mise à jour : 10 February 2004