La cessation des paiements
La notion de cessation des paiements est un concept juridique commercial et elle est distincte de l'insolvabilité et plus proche de la notion de non-liquidité.
Quelle qu’en soit la cause, il y a cessation des paiements dès qu'une dette certaine, liquide et exigible n'est pas payée. Cette notion d'exigibilité est différente de la notion comptable de passif exigible qui englobe les dettes à moins d'un an et les dettes échues.
L'article 3 de la Loi du 25 janvier 1985 devenu article L 621.1 du nouveau code du commerce retient "l'impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible".
La jurisprudence est abondante. Sont classiquement concernées
les entreprises ne faisant pas face à leurs échéances mensuelles
commerciales, sociales ou fiscales et qui n'ont pas établi un ré-étalement
contractuel de leur dettes supprimant leur exigibilité)
sans pour autant que l'entreprises soit en
situation
irrémédiablement compromise.
Cependant, même les difficultés passagères de trésorerie (suffisamment grave pour ne pas relever du règlement amiable) sont visées. La trésorerie joue un rôle capital dans l’appréciation de l'actif disponible, alors que pouvant provenir de crédits temporaires, le bilan annuel n'en donne qu'un aperçu à une date donnée. L'élément décisif de l'actif disponible est ainsi la réserve de trésorerie dont peut immédiatement disposer l’entreprise notamment du fait des délais de paiement couramment accordés par les fournisseurs.
La cessation de paiements est la traduction d'une
insuffisance de disponibilités, c'est à dire d'une crise de trésorerie, ou
encore de l'impossibilité de se procurer cette trésorerie. Mais l'insuffisance de trésorerie ne suffit pas à traduire toutes les
situations de cessation de paiement notamment lorsque l'insuffisance d'actif est
importante en l'absence de nouveaux
capitaux permanents.
Dans la réalité
financière, une entreprise est solvable si elle est capable de faire face à
ses engagements en réalisant, si besoin, des ventes d'actifs. Deux critères
doivent être pris en considération :
- la solvabilité sur la base d'une valeur de cession des biens de l'entreprise,
ainsi les valeurs comptables devront être revues dans une optique de la vente
des tout ou partie des biens de l'entreprise. Mais aussi en tenant compte de
l'exploitation qui nécessite un fonds de roulement positif,
- la liquidité liée aux ressources propres de l'entreprise (essentiellement sa
capacité d'autofinancement) et à des concours financiers éventuels. Si
l'entreprise ne peut se procurer suffisamment de ressources elle ne sera plus
liquide et sera en cessation des paiements.
La déclaration de l'état de cessation de paiement est non
seulement un acte de sauvegarde de l'entreprise (nécessaire pour éviter
qu'elle ne creuse son passif) mais aussi une obligation légale qui expose le
dirigeant à des sanctions. Selon cette Loi, le dirigeant est tenu de la déclarer
dans les 15 jours (art. 3) et le tribunal peut faire remonter la date antérieurement
jusqu'à 18 mois (art. 9). Le défaut ou le retard de la déclaration engendre
un risque important pour le dirigeant qui peur subir lui-même un redressement
judiciaire ou une liquidation pour poursuite abusive (art. 182) ou une sanction
d'interdiction de gérer voir de faillite personnelle (art. 187 et 189).
La situation de l’entreprise s’apprécie au jour où le tribunal statue.
Dernière mise à jour : 24 January 2004 .