L'évaluation de la marge sur coûts variables
Définition de la marge sur coûts variables
Evaluation de la marge sur coûts variables (avant sinistre)
Evaluation de la marge sur
coûts variables (pendant la durée du sinistre)
Evaluation de la marge sur coûts variables dans les entreprises avec plusieurs lignes de produits
Comme déjà indiqué, il ne faut pas perdre de vue que pour la réparation d'une perte d'exploitation, ce n'est pas le chiffre d'affaire perdu qui sera réglé. L'indemnisation liée au CA portera sur la perte de marge après déduction des charges variables (proportionnelles au volume d'activité et non-engagées de fait de la baisse d'activité).
Il s'agit de rechercher, en l'absence de dommage, la marge sur coûts variables qui aurait été dégagée sur le chiffre d'affaires perdu (et souvent sur le chiffre d'affaires réalisé) dont il conviendra de déduire des économies éventuelles afin que l'entreprise soit parfaitement indemnisées mais pas pour en tirer un enrichissement au-delà des coûts fixes réellement supportés.
Définition de la marge sur coûts variables
Un coût variable peut être défini comme constitué des seules charges qui varient avec le volume d'activité sans qu'il y ait nécessairement une exacte proportionnalité avec un produit donné mais une proportionnalité annuelle sur un exercice social annuel.
Pour une entreprise mono-produit et sur une période considérée, le taux de marge entre les ventes et les achats directs est sensiblement une constante. La méthode de calcul de la marge sur coûts variable par addition des postes de charges fixes est d’un maniement délicat plutôt réservé aux grandes entreprises. On lui préfère généralement la méthode de calcul par différence avec l'addition des postes des charges variables.
On vise ainsi à couvrir le bénéfice et les charges fixes (et semi-fixes) qui sont celles que l'entreprise supporte même lorsque le niveau d’activité baisse ou s'arrête. Les charges variables sont celles directement liées au niveau d'activité. On évoque également des charges semi-variables ou semi-fixes qui outre les parties abonnements de l'électricité, gaz, eau, téléphone, … etc ne peuvent être totalement interrompus car d'autres services de l'entreprise les utilise.
Remarque : La masse salariale (salaires plus cotisations sociales) est essentiellement considérée comme une charge fixe, soit pour des raisons techniques (personnel spécialisé à conserver), soit pour des raisons sociales (éviter le chômage technique que n'accordent pas les services de la main d'œuvre), soit parce que la nature du sinistre (incendie, ...) n'est pas considérée comme un cas de force majeur.
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Ainsi,
la marge sur coûts variables peut être définie comme la différence entre : |
Lorsqu’il s’agit de très petites entreprises, il est admis par les assureurs de retenir comme charges fixes la totalité des postes de dépenses dont la partie fixe est la plus importante.
Evaluation de la marge sur coûts variables (avant sinistre)
Les comptes de résultats nous apportent les comptes de charges concernant les charges variables de la classe 6, dont les principaux sont :
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601 |
achats de matières premières stockées |
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602 |
achats de consommables et emballages stockés |
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603 |
variation des stocks |
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606 |
achats de fournitures |
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607 |
achats de marchandises |
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609 |
rabais, remises et ristournes sur achats |
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611 |
sous-traitance |
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62 |
Autres services extérieurs (pour partie : intérim, transports, …) |
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665 |
Frais d'escompte |
Les autres charges de la classe 6 ne sont généralement pas diminués par l'effet du sinistre.
Le total des charges variables est exprimé en pourcentage du chiffre d'affaire et une indemnisation PE porte sur son complément à 100 représentant le pourcentage de marge perdue par l'entreprise pour faire face à ses charges fixes et son bénéfice. En règle générale, est retenue la moyenne des 2 ou 3 derniers exercices.
Voir : Exemple de détermination de la marge perdue sur le chiffre d'affaires perdu
Généralement nous retraitons sur tableur les 2 à 3 derniers exercices et calculons cette marge pour "faciliter le travail" des experts "adversaires" dont certains (surtout en assurance avec des experts ou des régleurs des compagnies non-spécialistes de la perte d'exploitation et de la pratique des documents comptables) ne feront que "contrôler" notre travail. Il est évident que nous retenons le plus favorable soit la dernière année, soit la moyenne des 2 ou 3 dernières années … et cela marche souvent car les experts d'assurance sont d'autant mieux appréciés que leurs honoraires sont plus faibles, qu'ils facturent moins de temps et donc font moins de travail ...
Lorsque des écarts importants
apparaissent d'une année sur l'autre, il convient d'analyser l'évolution de sa
structure pour en rechercher la (les) cause et de l'argumenter pour faire
retenir un taux le plus élevé possible d'autant que ce poste joue sur
l'indemnisation de la marge perdu sur le CA perdu mais également le
rétablissement de la marge sur la CA réalisé.
L'enjeu est trop important pour ne pas avoir préparé sérieusement une base
réclamation favorable mais réaliste sur la base d'un argumentaire solide.
On voit l'important flexibilité du résultat avec seulement 5% de ventes en plus selon coefficient de tendance d'augmentation du chiffre d'affaires (voir : L'évaluation du chiffre d'affaires perdu) et de 5 % de marge supplémentaire qui se cumulent, on majorent l'indemnisation de plus de 10 %.
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exemple de fexibilité de l'indemnisation PE |
Base |
Avec + 5% de CA et + 5% de marge sur coûts variables |
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Une entreprise mono-produit devait faire des ventes avant qu'elle soit victime d'un incendie et n'a réalise que 6 millions €. |
12 millions € |
12,6 millions € |
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Elle à des frais variables selon le niveau des ventes de |
60% |
55% |
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La marge sur coûts variables est de |
40% |
45% |
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les frais fixes et le bénéfice supportés même en cas de sous activité ou d'arrêt total sont de : |
4,8 millions € |
5,67 millions € |
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Les ventes perdues sont de : |
6 millions € |
6,6 millions € |
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Sur les charges fixes doivent être indemnisé |
2,4 millions € |
2,97 millions € |
Evaluation de la marge sur coûts variables (pendant la durée du sinistre)
On applique la même méthode que ci dessus mais aux données comptable pendant la durée du sinistre. Au lieu de pratiquer globalement en moyenne annuelles comme sur les exercices précédents, on est souvent amené à procéder à cette détermination mois par mois à partir des éléments des Grands Livres comptable.
Evaluation de la marge sur coûts variables dans les entreprises avec plusieurs lignes de produits
C'est le même principe que ci-dessus, mais il convient de déterminer le taux de marge pour la (ou les) ligne de produit sinistrée. Un travail beaucoup plus conséquent est nécessaire grandement facilité dans les entreprises pratiquant la comptabilité analytique et/ou le contrôle de gestion. Au-delà des achats directs (matières premières, marchandises, sous-traitance, ...) l'imputation des autres achats et services extérieurs (anciennement frais généraux) peut avoir une influence considérable sur l'indemnisation selon l'imputation qui sera retenu.
L'imputation consiste a répartir par division, département, ligne de produit, les coûts selon une unité d'oeuvre qui peut être par exemple la mains d'oeuvre directe, le temps de fonctionnement des matériels consacrés au produits (heures machines, ...), à la fourniture travaillée (kilogramme de matières première mis en oeuvre, ...), aux produits vendus (nombre, poids, volume, surface, longueur, temps, ....).
Pour plus de précisions voir : La perte de marge sur le chiffre d'affaires réalisé
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Précision sur la méthode complète
d'évaluation d'une perte d'exploitation
Arrivé à cette page, vous avez dû voir
Le principe
indemnitaire
des pertes d'exploitation ainsi que l'introduction
Évaluation du montant de la réclamation
d'une perte d'exploitation,
Puis vous avez examiné l'indemnisation du chiffre d'affaire perdu :
1)
évaluation du chiffre d'affaires
perdu en intégrant un coefficient de tendance
Voir :
L'évaluation du chiffre d'affaires perdu
2)
évaluation de la marge sur coûts variables. Voir :
L'évaluation de la marge sur coûts variables
Pour terminer l'examen des autres postes
indemnisables pour une perte d'exploitation il reste à voir :
1) base
d'indemnisation
de la diminution de marge sur le chiffre d'affaires réalisé.
Voir :
La perte de marge sur le
chiffre d'affaires réalisé
2)
évaluation
des frais supplémentaires
afin de limiter au maximum une
baisse (plus importante) du chiffre d'affaires. Voir :
L'évaluation des frais supplémentaires
3)
évaluation
des dépenses sur une période complémentaire.
L'effet du sinistre ne se limite pas avec le remplacement ou la réparation du
dommage matériel. Outre qu'un délai de rodage s'avère souvent nécessaire avant
de retrouver un rythme optimum d'un outil de production, Il faut également un
certain temps pour retrouver le niveau du chiffre d'affaires qui aurait été
atteint en l'absence de sinistre. Voir :
Les dépenses
d'indemnisation d'une période complémentaire
Dernière mise à jour : 15 February 2004