Le dispositif judiciaire apporte des contraintes 
qui limitent les pouvoirs du dirigeant

 

Fonctionnement social

Avec un administrateur judiciaire

Sans Administrateur Judiciaire

Les licenciements économiques

 

Dès l’ouverture de la procédure, le jugement entraîne la tutelle du juge commissaire et de l’administrateur pendant la période d’observation.

Fonctionnement social

Le redressement judiciaire n’entraîne pas la dissolution de la société.

La société est placée sous la tutelle du juge commissaire qui dispose de pouvoirs d'investigations (art. 19). Le représentant des créanciers exerce les fonctions comme un administrateur pour les droits sociaux (art. 28). non cessions des parts, actions et droits de vote (art. 28),

Les assemblées d’associés peuvent être réunies pour des décisions internes (approbation des comptes, nomination de nouveaux gérants, PDG, etc.). Les autres décisions concernant le patrimoine ne peuvent être prises que sous réserve des pouvoirs de l’administrateur et / ou d'un accord du juge commissaire.

Les associés d'une société ne sont pas directement représentés dans la procédure et n'ont, dans la majorité des cas, pas d'obligation particulière à l'ouverture d'un redressement judiciaire. Toutefois il seront tenus de libérer sans délais leurs apports si ce n'est fait, cela sera pratiquement toujours exigé pour un plan de continuation

Le ou les commissaires aux comptes restent en fonction.

Mais de grandes limitations concerne les actifs biens de l'entreprise qui représentent la garantie des créanciers. Un inventaire des biens (actifs) est obligatoire art. 23 à la diligence de l'administrateur ou à défaut du représentant des créanciers et du liquidateur. Sont frappés de nullités un certain nombre d'actes ne relevant pas de la gestion courante de l'entreprise ou ignorant les effets du redressement judiciaire (art. 107, 108). Les actes de disposition étrangers à la gestion courante tels qu'hypothèques, nantissements, ... les compromis ou les transactions doivent être autorisés (art. 33). L’inobservation de cette disposition entraîne la nullité de l’acte pendant un délai de 3 ans et les dirigeants s’exposent à des sanctions pénales.

Les salariés participent au déroulement de la procédure à travers un représentant élu par le comité d’entreprise, les délégués du personnel, ou à défaut par un vote de tous les salariés (art. 10 et 11, d. 15). Le représentant des salariés participe aux audiences et est consulté pour les décisions les plus importantes sur le sort de l'entreprise.

La rémunération du dirigeant est fixée par le juge commissaire (art. 30, d. 53 et 54) dans la pratique proposée par l'administrateur ou le représentant des créanciers / projet d'ordonnace

Le remplacement du dirigeant peut être prononcé par le tribunal si la survie de l’entreprise l’exige, le tribunal peut même subordonner l’acceptation d’un plan de redressement à son remplacement. (art. 23).

 

Le dirigeant de l'entreprise poursuit l'activité (art. L621.137 141).

Avec un administrateur judiciaire : ses pouvoirs sont plus ou moins étendus selon le type de mission que lui confie le tribunal, soit :
- surveiller la gestion des dirigeants (anciens ou nouveaux),
- assister l’entreprise pour tout ou partie de sa gestion,
- administrer  entièrement ou en partie l'entreprise à la place du dirigeant
En outre, le contenu de cette mission  peut être modifiée à tout moment. (art. 31)

Dans tous les cas, il est chargé de certaines mesures conservatoires :
- inscriptions de sûretés (art. 26),
- inventaire (art. 27),
et de mesures de gestion :
- la signature des chèques en principe pour la mission d'administration, mais certains administrateurs se l'octroie même pour l'assistance ...
- la réception du courrier peut même être retirée au chef d'entreprise (art. 29).

Les pouvoirs du dirigeant sont donc d’autant plus restreints. Toutefois, les actes passés seul par le dirigeant sont valables et engagent l’entreprise à l’égard des tiers de bonne foi (art 32).

Remarques
Le type de mission accordé à l'administrateur est un triple signe de perception des qualités "admises" du dirigeant :
- selon la mission dans la procédure normale :
1) sur sa gestion passée,
2) sur sa gestion à venir,
- dans la procédure simplifiée (administrateur non obligatoire) : 
3) soit il s'agit d'un "usage" du tribunal (par exemple pour les SA),   soit il s'agit d'une extrême méfiance envers le dirigeant ...
Méfiez vous si vous n'en avez pas au départ ou si la mission est "légère" : A tout moment, le tribunal peut d’office ou sur demande du représentant des créanciers, du Procureur ou de l’administrateur modifier sa mission  (art 31).

Il devra établir un rapport confidentiel sous un à deux mois, puis le diagnostic économique et social, adresser des rapports avant chaque nouvelle convocation devant le tribunal. Il peut même prendre l'initiative de demander la fin de la période d'observation et la liquidation ou proposer une cession à un repreneur (voir : La prolongation de la période d'observation)

Il peut , avec autorisation du juge commissaire, décider du maintien des contrats en cours (art. 37) et de l'application des réserves de propriétés (art. 121).

 

Sans Administrateur Judiciaire (art. 141)

Le dirigeant exerce des fonctions de gestion quasi normales . La société est reste placée sous la tutelle du juge commissaire dont les pouvoirs sont inchangés. Le représentant des créanciers exerce les fonctions de l'administrateur pour les droits sociaux (art. 28).

Remarques : dans la pratique, le représentant des créanciers s'octroie des pouvoirs bien plus importants ... mais il devra établir un rapport confidentiel sous un mois, puis le diagnostic économique et social, puis adresser des rapports avant chaque nouvelle convocation au tribunal. Il peut même prendre l'initiative de demander la fin de la période d'observation et la liquidation ou proposer une cession à un repreneur (voir : La prolongation de la période d'observation)

 

Les licenciements économiques sont mis en oeuvre par l'administrateur ou, à défaut, par le dirigeant après ordonnance du juge commissaire (art. 45, d. 63). Dans la pratique en liaison avec le représentant des créanciers pour bénéficier de la prise en charges financières par l'AGS

 

Remarque : L'article   28 ? indique que le représentant des créanciers remplis les fonction de l'administrateur mais dans le paragraphe      ce qui limite à la mission de

Ainsi, il est clair que les mandataires, avec la complicité de nombreux juges :
- intimide les dirigeants,
- abuse de leur position de faiblesse,
- abuse de leur prérogatives,
- détournent la procédure?

Besoin de savoir préparer une ordonnance

L'administrateur, à défaut le dirigeant doit indiquer les résultats de l'exploitation, la situation de la trésorerie et la capacités de régler les nouvelles dettes depuis le redressement judiciaire,  à tout demande et à chaque audience du tribunal.

Tout ceci ne doit pas vous faire perdre de vue que c'est sur un plan économique de rétablissement de la rentabilité qui est la condition indispensable pour le sauvetage de l'entreprise.